Les bazars à touristes de Stonetown (Zanzibar) regorgent d’horribles peintures représentant des Masaïs stylisés de quelques coups de pinceau. Fabriquées à la chaîne on ne sait où (peut-être en Chine), ces croûtes sont montées sur châssis une fois parvenues sur le lieu de vente, histoire de donner l’impression au passant crédule qu’elles ont été composées par un artiste local. Aussi voit-on certaines boutiques entasser ces fameux châssis assemblés non loin de là, les vendeurs se chargeant ensuite de clouer les toiles dessus. Finalement, ceux-ci m’ont semblé plus esthétiques que celles-là…

On s’attend, à Stonetown, à trouver beaucoup de couleurs. En fait elles sont rares. On les trouve dans les tenues des Zanzibarites et, parfois, dans des accumulations inattendues, telles ces sacs de ciment importés du sultanat d’Oman, reconvertis en sacs de gravats.

Je commence aujourd’hui à écrire sur le Kenya. Il était temps : nous partons dans maintenant moins de deux semaines pour Nairobi, huit jours de Safari et trois jours de “repos” à Zanzibar. Sans doute n’était-il besoin de suivre la situation au jour le jour, les affrontements qui ont bouleversé le pays au début de l’année 2008 ayant cessé depuis, 1 500 morts au moins et 300 000 “déplacés” plus tard. Difficile aujourd’hui de se faire une idée précise de la situation mais on constate que, aidées d’ailleurs par la communauté internationale, les autorités de Nairobi font de gros efforts de promotion du territoire pour relancer le tourisme, qui représente 12 % du PIB kenyan. Le pays avait reçu 1,8 million de visiteurs en 2007 et respère renouer avec ces chiffres exceptionnels en 2009.

J’espère au moins que ce trou d’air dans la fréquentation touristique du Kenya nous permettra de bénéficier sur place du meilleur accueil… Difficile en même temps de s’imaginer en profiteurs même indirects de la situation dramatique que connaissent des centaines de milliers de Kenyans victimes des heurts interethniques et en proie à de préoccupantes pénuries alimentaires. Certes, les devises que nous apportons forment une modeste contribution au développement du pays mais nous savons aussi ce qu’il en est de la corruption galopante alors faut-il chercher à résoudre l’équation ?