Trop libéral ou pas assez, telle est la question que se posent collectivement les Français à propos de Nicolas Sarkozy. Nul doute qu’ils feraient aussi bien de se la poser à eux-mêmes. Réformer le système de retraite, l’assurance maladie, l’assurance chômage, “rentabiliser” les dépenses publiques, chasser les rentes indues, tel est le souhait de chacun. Mais qui ose pousser la réflexion plus loin, vouloir non seulement la réforme mais aussi les conséquences de la réforme ? Personne ou presque.

Tant que les uns voudront plus de professeurs, d’infirmières, d’agents de police et d’agents d’ambiance, de médiateurs culturels et de peigneurs de girafe sous contrat subventionné, tant qu’ils voudront dans le même temps conserver les faveurs de leur régime spécial de retraite et la qualité des soins que leur assure un système de santé unique au monde, le tout sans s’exposer à une hausse de l’impôt sur le revenu ou de la CSG, sans encourager l’entreprise qui emploie leur conjoint à déménager dans un pays moins gourmand en charges mais alors sans non plus faire supporter la facture de tout cela à leurs enfants ni leurs petits-enfants, on ne s’en sortira pas.

Tant que les autres voudront dégraisser l’Etat, réduire les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques, taillader les filets de sécurité sociale et privatiser sans discernement les services publics sans avoir à affecter les trois quarts de leurs revenus dans des assurances privées, des systèmes de sécurité pour les protéger des pauvres et des fonds d’épargne pour financer leur retraite et les études de leurs enfants, on en s’en sortira pas non plus.

Bref, tant qu’une explication globale et dépassionnée des enjeux ne sera pas livrée aux Français, chaque gouvernement sera assigné à la quadrature du cercle. Autrement dit à l’impossible.

DRPatrick Devedjian est décidément un homme stupéfiant. Connu pour son “franc-parler”, le secrétaire général de l’UMP justifiait il y a quelques jours l’implication de Cécilia Sarkozy dans la libération des infirmières bulgares à l’antenne de i.Télé et prolongea son propos par de sidérantes considérations sur la réforme des institutions: M. Devedjian a en effet émis l’idée que l’épouse du chef de l’Etat ait un statut officiel inscrit dans les institutions en le justifiant par le fait que les conjoints de monarques en sont ont tous dotés !

Cécilia, bientôt impératrice consort?

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L’intervention de Cécilia Sarkozy dans l’affaire de la libération — heureuse — des otages bulgares en Libye est totalement surréaliste. L’épouse du Président de la République, qui n’a d’autre titre officiel pour agir que le culot officiel de son mari, défendant l’utilité de la “présence symbolique” de sa femme pour asseoir la relation personnelle qui s’instaure entre Kadhafi et lui, et apporter de l’humanité et de la compassion à l’approche française… et puis, plus officieusement, graisser la patte de la fille du Colonel.

Mais le plus surréaliste est la présentation de l’initiative par les médias français au début de l’intervention : on présentait Cécilia Sarkozy, à l’arrivée à Tripoli de la délégation, comme étant accompagnée du commissaire européen en charge du dossier ! Une faute de goût que la présidence a tenté de réparer au retour, Cécilia se tenant désormais en retrait.

Drôle de méthode. L’hypernépotisme de l’hyperprésident nous promet-il des hypercrises diplomatiques ?