Revoici Régis Debray en ce joli mois de mai 2008 où, sous les pavés, Paris-Plage est devenu un des dérisoires symboles de l’héritage de Mai-68, c’est-à-dire de la soumission des pseudo-révolutionnaires à la société de consommation, soumission volontaire et d’autant plus que les soixante-huitards en sont, depuis trente ans, devenus les maîtres. Un bac à sable, du gazon artificiel, des parasols sponsorisés, quelques animations subventionnées et voilà une initiative aussi populaire que l’Union du mouvement du même nom, exemple de cette solidarité du XXIe siècle qui ressemble étrangement au paternalisme du XIXe: plutôt que du pouvoir d’achat, de bons euros à utiliser de manière responsable, voici en lieu et place du plaisir gratuit chaussé dans un partenariat public-privé. Des pauvres qui ne peuvent pas se payer la mer se voient offrir la Seine pour côtoyer des bobos exhibitionnistes. Voilà pour le pouvoir municipal une belle image de solidarité et de mixité sociale…

Régis Debray semble bien loin de ces considérations? Annonçait-il hier et décrit-il aujourd’hui autre chose que cela, que l’on pourrait ainsi résumer: l’échec de 68, c’est la réussite des soixante-huitards. A lire pour s’en convaincre un ouvrage déjà trentenaire qui vient d’être réédité: Mai-68, une contre-révolution réussie, éd. Mille-et-une nuits.

Cet été capricieux nous gratifie au moins de quelques couchers de soleil d’anthologie. Tel celui que nous pouvions admirer ce soir. Je me suis saisi du petit appareil numérique pour capter une tour Eiffel se détachant de manière flamboyante d’un ciel qui cherchait en vain à la menacer.