Le château de Versailles, qui menaçait presque ruine il y a quelques années, retrouve peu à peu son clinquant d’autrefois. Les dorures s’accumulent, les restaurations s’enchaînent, les généreux mécènes se succèdent, les souscriptions s’entassent, jusqu’à cet appel aux conseils généraux de notre beau pays pour financer la restauration des bancs de pierre qui parsèment les jardins. L’État et les investisseurs privés concentrent beaucoup de moyens sur cet édifice emblématique de l’absolutisme français, qui devient même l’écrin d’expositions d’art contemporain à la légitimité douteuse. Prenons garde toutefois que cet arbre à feuilles d’or ne cache pas les châteaux et cathédrales des provinces de l’Hexagone, cette forêt de misère de notre patrimoine national.