Le beurre, l’argent du beurre et plus encore
28 juillet 2008
Trop libéral ou pas assez, telle est la question que se posent collectivement les Français à propos de Nicolas Sarkozy. Nul doute qu’ils feraient aussi bien de se la poser à eux-mêmes. Réformer le système de retraite, l’assurance maladie, l’assurance chômage, “rentabiliser” les dépenses publiques, chasser les rentes indues, tel est le souhait de chacun. Mais qui ose pousser la réflexion plus loin, vouloir non seulement la réforme mais aussi les conséquences de la réforme ? Personne ou presque.
Tant que les uns voudront plus de professeurs, d’infirmières, d’agents de police et d’agents d’ambiance, de médiateurs culturels et de peigneurs de girafe sous contrat subventionné, tant qu’ils voudront dans le même temps conserver les faveurs de leur régime spécial de retraite et la qualité des soins que leur assure un système de santé unique au monde, le tout sans s’exposer à une hausse de l’impôt sur le revenu ou de la CSG, sans encourager l’entreprise qui emploie leur conjoint à déménager dans un pays moins gourmand en charges mais alors sans non plus faire supporter la facture de tout cela à leurs enfants ni leurs petits-enfants, on ne s’en sortira pas.
Tant que les autres voudront dégraisser l’Etat, réduire les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques, taillader les filets de sécurité sociale et privatiser sans discernement les services publics sans avoir à affecter les trois quarts de leurs revenus dans des assurances privées, des systèmes de sécurité pour les protéger des pauvres et des fonds d’épargne pour financer leur retraite et les études de leurs enfants, on en s’en sortira pas non plus.
Bref, tant qu’une explication globale et dépassionnée des enjeux ne sera pas livrée aux Français, chaque gouvernement sera assigné à la quadrature du cercle. Autrement dit à l’impossible.
